Pour faire court les quebradas sont des vallées geantes entourées des montagnes rouges et seches. Pour faire plus long, il faudra regarder les photos.
Le village d'Iruya est un petit village au fond d'une quebrada, entouré de grandes falaises de pudding. La population y est completement indigene, et on se croirait plus en Bolivie qu'en Argentine. Si Iruya est relié a la civilisation par une petite piste ce n'est pas le cas des autres pueblos que l'on peut aller explorer a pieds a partir de la.
Il y a de quoi se loger dans les villages et on peut donc partir léger : sans tente, on prend quand meme le rechaud au cas ou (a priori on peut se paumer facilement). Le probleme c'est que les sentiers passent souvent au fond des canyons or on est en pleine saison des pluies. Apres une nuit tres pluvieuse, on suit un local de loin pour rejoindre San Isidro. Les rios sont en crues et il n'est pas question de les traverser. Heureusement on arrive toujours a trouver un petit chemin qui passe par les hauteurs pour contourner la riviere.
Le village de San Isidro, isolé sur sa petite falaise entre 2 rios, est un village ou le troc fonctionne toujours entre les villageois.
Apres une nuit encore tres arrosée (de pluie, on est d'accord), on est un peu mi-chaud pour continuer jusque San Juan (pas de cartes et les quelques infos glanées ici ou la ne sont pas tres encourageantes sur le sentier par temps pluvieux) mais on rencontre un jeune argentin qui veut se rendre labas aussi. A 3 on devrait passer, sinon on pourra toujours faire demi tour... Apres s'etre fait dessiner une carte rapidos dans le village nous voila sur le chemin, on se paume en effet assez rapidement mais il y a des maisons de bergers pour demander sa route et s'approvisionner en gros fromages de brebis ultra frais.
Apres 2 petits cols on bascule dans une nouvelle quebrada. Le sentier se retrecit et serpente au milieu d'une falaise... On retrouve des airs de Mafate avec ses ravines et ses ilets isolés du monde. Pas mal de chutes de pierres ou de petites coulées de boue ont obstrué le sentier mais on arrive toujours a passer. Finalement on arrive a un plateau avec quelques maisons. Il n'y a personne et on decide donc de continuer le chemin pour San Juan. Le sentier s'engage maintenant sur le bord du Rio... Il pleut et la riviere deja en crue continue de grossir. Au bruit des pierres charriées dans l'eau on sait qu'il nous sera impossible de traverser la riviere mais on a bon espoir de pouvoir passer en restant sur la meme rive. On escalade des pans de terres qui se derobent sous nos pieds et des pierres se decrochent un peu partout sur les falaises qui nous entourent (de temps en temps aide par des troupeaux de chevres qui se balladent en hauteur). On se depeche car on sait qu'on a fait le plus dur et que le rio continue de monter... Alors qu'on est presque arrivés, un virage du rio vient se coller de notre cote et les falaises de boue de 30 metres nous interdisent toute escalade.. On est fait comme des rats... C'est rageant car apres ce virage le canyon s'elargit et on voit que ca passe jusqu'au village... Apres 2 minutes a rechercher un itineraire qu'on trouve pas, on fait demi tour en 4eme vitesse. Il faut revenir sur nos pas et sortir du canyon avant que l'eau nous bloque aussi de ce cote la, tout ca sans se prendre une pierre sur la tete. Ce ne sera pas chose aisée et on en sortira couverts de boue.
On peut encore rebrousser chemin jusque San Isidro mais notre pote Argentin est au bout du rouleau et ne veut plus marcher. C'est quand meme une bonne guenille : il est parti sans eau et sans bouffe. Dans les maisons vides tout est fermé a clef et les habitants doivent etres bloqués de l'autre cote des rivieres en crues. On trouve quand meme un petit abris ouvert qui va nous permettre de passer la nuit au sec. Le rechaud va nous permettre de manger, mais on regrette cruellement les duvets et les matelas. Notre pote argentin pas si guenille que ca a quand meme pense a son duvet, lui.
Il pleut une bonne partie de la nuit et le matin on a un peu le stress que le sentier a flan de falaise soit impraticable. Mais malgres quelques pierres et coulees de boues supplementaires tout passe bien. On evite le chemin direct pour redescendre a Iruya car on devrait croiser un autre rio ("furioso" d'apres des locaux qu'on rencontre sur le chemin) et on refait le detour par San Isidro ou on est sur de pouvoir passer par le pont et se ravitailler en empanadas.
De retour a Iruya soiree culturelle avec un documentaire tres interessant sur l'histoire de la region et l'impact des grandes entreprises occidentales sur villages indiens et leur population.
Bien que ce fut un peu stressant comme rando, l'ambiance de ces quebradas et de ces villages indiens completements isolés nous ont completement seduit... Faudra revenir pour aller jusque San Juan et pourquoi pas d'autres villages encore plus loin, mais par beau temps cette fois.